Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 23:37

 

 

Nous, étudiants, travailleurs précaires, chômeurs, activistes et militants d’Europe et d’Afrique du Nord, nous sommes rencontrés à Tunis pour croiser nos savoirs et entamer un processus de luttes communes. Les luttes qui ont traversé l’Afrique du Nord dans ces mois ont parlé à tout le monde parce qu’elles ont mis au centre de leur combat les conditions de vie et l’absence de futur des nouvelles générations, les premières à se battre, les derniers à avoir droit de parole. Dans le contexte de la crise économique mondiale, il y a plusieurs similitudes entre ce pourquoi on lutte en Europe et les raisons pour lesquelles on a chassé Ben Ali et Moubarak.

 

Ces luttes demandent un changement radical d’un système qui se fonde sur l’exploitation générale et le gouvernement d’élites parasitaires sur les besoins des majorités. On se révolte contre la misère présente et pour bâtir de nouveaux liens sociaux qui soient produits par des processus de libération visant la réappropriation de la richesse collective. Ces luttes ont créé un espace commun que les pouvoirs cherchent constamment à fragmenter et à réprimer.

 

Voici pourquoi nous appelons à un meeting transnational d’activistes pour partager les luttes et pour construire des stratégies communes. Nous ne voulons pas faire un « événement » médiatique, mais nous voulons construire un réseau transnational à la hauteur d’un temps de luttes et de grandes transformations sociales.

 

Nous voudrions que ce meeting soit un laboratoire de réflexion et de travail commun autour des questions qui nous semblent fondamentales : la migration et la libre circulation des personnes et des savoirs, la précarité, la question de la dette et des services sociaux, la connaissance libre et gratuite pour tous, la construction de réseaux et de médias autonomes, la réappropriation de l’espace urbain, les mécanismes et les formes de mobilisation, l’expérimentation de nouvelles formes d’organisation et d’intelligence collective.

 

Nous proposons un meeting du 29 Septembre 2011 au 1er Octobre, en invitant les collectifs, groupes et individus, activistes qui adhèrent au contenu de cet appel et qui souhaitent construire un réseau transnational de lutte.

 

 

Front de Libération populaire de la Tunisie

Knowledge Liberation Front

Network Welcome to Europe et d’autres activistes du No Border

Soliplenumk Revolte (Gottingen)


 

Par saoudsalem
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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 02:45
Par saoudsalem
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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 17:57

 

Invisibles, indésirables en temps de guerre et pourtant si utiles et nécessaires en temps de paix, les immigrés n’ont aucun droit, ni à la parole, ni à une quelconque revendication ; ils doivent disparaître tout simplement pour soit retourner d’où ils viennent soit se fondre dans le système qui les exploite, pour le servir sans rien exiger en échange si ce n’est le minimum vital, ni plus ni moins, sans aucun égard pour leur situation d’isolement et de vulnérabilité. Leurs histoires singulières sont niées pour ne constituer qu’une statistique  fluctuante au service des démagogies politiciennes.  

Les travailleurs immigrés sont la plupart du temps les premières victimes des bouleversements politiques et sociaux à caractère réactionnaire, ce sont toujours eux qui paient les pots cassés. Cela s’est passé ainsi en Irak où des centaines de milliers de travailleurs venant de pays arabes pauvres, notamment d’Egypte, ont été les premières victimes de la guerre contre l’Iran puis de l’invasion américaine. Victimes anonymes, non répertoriées, ni comptabilisées, qui n’intéressent personne, mise à part quelques ONG humanitaires qui leur fournissent des tentes, des couvertures et des bouteilles d’eau avant de les renvoyer « chez eux ». 

Les travailleurs immigrés, en Europe, dans les pays arabes riches et aux USA, cristallisent d’une manière éclatante la lutte de classe. Ils sont des millions à travers le monde à être exploités, pressés comme des citrons, avec des salaires de misère, sans aucune structure de lutte possible ; ils subissent la répression policière et la xénophobie au quotidien. 

Ils représentent aujourd’hui 3,1% de la population mondiale, ce qui est peu statistiquement parlant, mais ce chiffre est en constante augmentation en raison de l’appauvrissement de millions de personnes dans le tiers-monde. Ils étaient 214 millions  en 2010 contre 150 millions en 2000 dont 49% de femmes et 15 millions de réfugiés. (Ce sont les chiffres officiels de l’organisation mondiale de l’immigration. Antonio Guterres chef du HCR à l’ONU avance le chiffre de 43,7 millions de personnes déracinées à travers le monde, et que 80% des réfugiés sont dans les pays en voie de développement.) Cette population d’immigration est répartie dans le monde entier mais il est des pays où le pourcentage d’immigrés dépasse parfois le chiffre de la population locale comme au Qatar (87%) dans les Emirats Arabes Unis (70%) et à Singapour 

(41%) ou en Arabie Saoudite (28%), concernant les grands pays européens les chiffres sont insignifiants. En Libye, si officiellement on annonce 10 à 15%, la réalité de 2,5 millions de travailleurs immigrés change considérablement le rapport. Sa situation géographique au centre de l’Afrique du Nord, fait de la Libye un passage central entre l’Afrique et la Méditerranée. Située entre l’Egypte à l’Ouest et la Tunisie à l’Est, avec 2000 kms de côtes, et une frontière au Sud encore plus longue avec l’Algérie, le Niger, le Tchad et le Soudan, la Libye est une porte de 2000 km de large sur la Méditerranée, juste en face de la Grèce, de l’Italie et de Malte. C’est un pays peu peuplé où six millions et demi d’habitants se répartissent un territoire de 1 700 000 km2 (deux fois et demi la superficie de la France). 

L’immigration en Libye

Au début de l’immigration en Libye, ce sont les travailleurs arabes qui arrivent en premier, notamment d’Egypte dans les années 50/60, essentiellement des enseignants, des médecins, des techniciens ; à partir des années 70/80 après le boom pétrolier, se sont ajoutés des travailleurs moins qualifiés venant d’Egypte, de Tunisie et du Maroc mais aussi du Tchad et du Soudan.

Kadhafi a toujours utilisé les travailleurs immigrés comme monnaie d’échange et de chantage dans ses relations diplomatiques avec les pays voisins. Il est coutumier du fait d’expulser par milliers dans des camions des Egyptiens, des Tunisiens, des Palestiniens ou Tchadiens, dès qu’il a un conflit avec ces pays. En 2007 il expulse près de 60 000 travailleurs africains. Les travailleurs africains sont les plus fragiles, les plus exploités car la plupart sont sans papiers, très peu qualifiés, ne parlant pas l’arabe, ni le berbère ils subissent le racisme au quotidien, sans parler des salaires de misère et conditions de vie déplorables leur interdisant toute vie sociale ; ils vivent dans des logements précaires le plus souvent dans des camps ou sur les chantiers.

En 2000 se sont déroulées des émeutes xénophobes contre des travailleurs africains, une chasse à l’homme menée par des jeunes excités dans les rues de Zaouïa et de Tripoli, et dans d’autres villes de l’Ouest. Des dizaines de travailleurs sont morts, le pouvoir n’a pas bougé le petit doigt, il a laissé faire. Les travailleurs chinois, indiens ou turcs arrivent en Libye le plus souvent munis de contrats signés avec des entreprises de leur pays réciproques, entreprises installées en Libye ce qui fait que même si leurs conditions de vie ne sont pas meilleures, ils bénéficient au moins de certaines garanties.

Pour beaucoup d’Africains, la Libye n’est qu’un passage, ils viennent y travailler quelques mois ou quelques années pour avoir assez d’argent et  payer le passeur pour l’Europe. Kadhafi a su utiliser cet argument dans les négociations avec l’Europe pour normaliser sa situation et devenir un interlocuteur valable et même un partenaire pour stopper l’immigration clandestine. 

Le sort des immigrés

La Libye a signé un traité avec l’Italie en 2008 pour arrêter l’immigration : 5 milliards de dollars octroyé sur 20 ans et le résultat est impressionnant si on en croit les statistiques entre 2009 et 2010 les débarquements de travailleurs immigrés sur les côtes italiennes ont diminué de 90% !

Bien entendu, l’Europe ne s’inquiète pas de la manière dont Kadhafi a pu faire cela, ni des camps où les immigrés sont entassés comme du bétail, ni des expulsions massives, non … l’Europe, notamment la France et l’Italie, redoute et s’inquiète de cet arrivée importante d’immigrés suite aux révoltes des Libyens contre le régime. Avant le 15 février 2011, on estimait à 2,5 millions le nombre de travailleurs étrangers dont plus d’un million d’Egyptiens et près de 50 000 Tunisiens, 30 000 Chinois, 25 000 Turcs, 20 000 Indiens, plus les Africains, les Thaïlandais, Sri-Lankais, etc. La plupart d’entre eux a réussi à rejoindre la frontière tunisienne ou égyptienne dès les premiers jours du soulèvement mais il reste quelques dizaines de milliers de personnes coincées dans des zones comme à Tripoli et Misrata où ils n’ont aucun moyen de sortie, où ils sont pris au piège.

Dans un bateau parti de Tripoli le 25 mars avec 72 réfugié-es à son bord pour rejoindre Lampedusa, après un trajet qui a duré 16 jours sans eau ni nourriture, seuls onze de ses occupants ont survécus. Il était composé d’immigrés venus d’Afrique : 47 Ethiopiens, 7 Nigérians, 7 Erythréens, 6 Ghanéens, 5 Soudanais, dont 20 femmes et deux enfants. Lampedusa est à 290 km au nord Ouest de Tripoli, après 18 heures de voyage le bateau commence à avoir une fuite de fuel. Le capitaine du bateau appelle sur son portable satellitaire Mr Zeraï à Rome (pasteur érythréen) qui informe des difficultés du bateau  les garde côtes italiens. Le bateau est alors à 100 km de Tripoli. Les autorités italiennes ont assuré Mr Zeraï que l’alerte a été donnée. Un hélicoptère de l’armée a fait son apparition, le pilote vêtu d’un uniforme militaire fait descendre de l’eau et des biscuits assurant les réfugiés que les secours allaient arriver. Mais les heures passent et il n’y a pas de bateau de secours en vue, il ne reste plus que 20 litres de fuel, le capitaine décide alors de continuer vers Lampedusa pensant qu’il n’en est  pas loin. 

Le 17 mars le bateau est perdu, il n’y a plus de fuel, ni de nourriture, ni d’eau ; entre le 29 et le 30 mars, le bateau à la dérive passe près d’un porte-avion de l’OTAN, deux avions ont décollé de ce porte –avion ; les migrants sont debout sur le bateau, faisant des signes désespérés pour attirer l’attention ; les dix jours suivants, pratiquement tout le monde est mort et le bateau échoue le 10 avril sur les côtes libyennes à Zlitan près de Misrata avec à son bord seulement 11 survivants, l’un d’eux décèdera dès l’arrivée, un autre quelques jours plus tard dans une prison libyenne. 

On estime le nombre de travailleurs immigrés ayant tenté d’arriver jusqu’en Europe début juin,  à 30 000 ; des centaines de morts en cours de route, pour le seul mois d’avril 800 ne sont jamais arrivés. Des bateaux arrivent tous les jours à Lampedusa, venant de Libye.  

Après les révoltes arabes

Depuis la révolution tunisienne, Lampedusa a reçu entre 20 et 25 000 travailleurs tunisiens, la plupart veulent travailler en Europe, en France. Il faut rappeler que Lampedusa est une petite île sicilienne de 20 km2, avec 6000 habitants. Début mai, la situation a changé et les travailleurs qui arrivent ne sont plus les mêmes, ils sont d’origines diverses. Des centaines commencent à arriver des côtes libyennes, il y a parmi eux des Africains et des Asiatiques du Sud qui travaillaient en Libye avant le 15 février. 10 000 à la mi-mai selon les autorités italiennes qui affirment que le régime de Kadhafi ferme les yeux sur le départ de ces bateaux et va même jusqu’à aider cet exode vers l’Italie, une manière de « punir » l’Europe pour son intervention militaire et le bombardement de Tripoli. Pour se débarrasser du problème, Berlusconi a octroyé des visas de 6 mois à ces réfugiés, leur permettant de circuler en Europe. La France considère ce geste contraire à la convention de Schengen de 1985 et menace de rétablir les frontières intérieures au sein de l’Union européenne. Au terme d’un sommet franco-italien à Rome, mardi 26 avril, la France et l’Italie se mettent d’accord pour travailler sur la modification des accords de Schengen afin de rétablir le contrôle aux frontières dans des cas exceptionnels.

Il ne faut pas, non plus, oublier les 70 000 réfugiés libyens, chiffre qui augmente régulièrement car la situation de guerre s’aggrave de jour en jour. Depuis le 21 avril, les rebelles de Naffussa, à l’Ouest de Tripoli, occupent le poste frontière Bawwaba de Dhiba et des milliers de personnes fuient vers la Tunisie par ce passage. Un comité de liaison s’est constitué avec le représentant du CNT à Tunis pour organiser le ravitaillement et la résistance ainsi que des aides aux familles, notamment à Tatawine.  

L’immigration, un problème pour qui ?

Le capitalisme a besoin de ces travailleurs qui n’ont rien que leur force de travail et cette volonté de survivre coûte que coûte ; parfois c’est un village entier qui se cotise pour envoyer l’un d’entre eux travailler n’importe où en Europe. Le capitalisme a besoin de ces travailleurs vulnérables, sans droit, sans moyen pour s’organiser et aussi de la plus value qu’ils génèrent. Mais les politiciens ont besoin aussi de la carte joker de l’immigration pour ajuster l’opinion publique et les sondages, cela vient de se produire en Italie avec Berlusconi, sans parler bien sûr du gouvernement français. Le cynisme dans cette affaire c’est que les gouvernements européens considèrent l’immigration comme un problème pour l’Europe mais jamais comme un problème pour les immigrés eux-mêmes. Celui ou celle qui, pour gagner sa vie, a besoin de traverser des continents sans rien dans les poches et souvent endetté-e, pour mourir parfois dans le désert ou se noyer en mer et qui une fois arrivé-e risque de se faire expulser aussitôt, c’est bien son problème. 

Quand on se soucie de la démocratie dans les pays autoritaires, on s’occupe des droits de l’homme, jamais du droit des travailleurs,  immigrés ou non d’ailleurs. On s’inquiète du sort des journalistes muselés, des intellectuels emprisonnés, des artistes manquant d’espace pour étaler leur égo sur la place publique, des bourgeois empêchés de consommer à leur guise, … Et si l’Otan bombarde la Libye, c’est en partie pour ces raisons-là, en tout cas ce n’est pas pour défendre les droits élémentaires des travailleurs immigrés qui subissent depuis 40 ans ce qu’aucun libyen n’a subi. Le Conseil National de Transition (CNT) n’a jamais évoqué cette question dans ces différentes déclarations, ni dans la feuille de route qu’il a établi. Mais entre temps il négocie avec le gouvernement italien la reconduite et le renforcement des accords signés par Kadhafi avec l’Italie concernant l’expulsion des immigrés, arrivant de Libye en Italie, vers la Libye avec ouverture d’un camp de rétention à Benghazi.

 Après quatre mois de guerre, c’est au minimum, un million de personnes qui ont fui l’enfer vers la Tunisie ou l’Egypte ; c’est un million de drames humains, tous laissant derrière eux leur travail, leurs salaires, et le peu de bien qu’ils avaient amassé au fil des années d’esclavage. Mais cela ne rentre pas en ligne de compte des réflexions des gérants de cette guerre, ce ne sont que les dégâts collatéraux de cette arme de destruction massive qu’est la « démocratie ».

 

Saoud salem, 26 juin 2011 

  

 

Par saoudsalem
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Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 15:15

sea

L M 011

Par saoudsalem
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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 23:10


Appel à la solidarité de la section Madison, Wisconsin de l’Industrial Workers of the World (IWW). [English] [Italiano] [Castellano] [Català] [Português] [Ελληνικά]

 

Appel à la solidarité de la section Madison, Wisconsin de l’Industrial Workers of the World (IWW).

Camarade Travailleurs et travailleuses – Étudiantes et étudiants - Supportaires 

 

Le Capital international confronte présentement le classe ouvrière internationale au niveau mondial. Nos voisin-e-s en Égypte, Libye et Tunisie ont récemment montré au monde comment mettre à genou des gouvernements et dirigeants. Alors que se déroule la lutte, nous apprenons de chacun-e, de minute en minute.

 

Le règne despotique et la répression prend plusieurs formes

 

À Madison, l’Industrial Workers of the World est un syndicat actif dans la lutte contre le Gouverneur Scott Walker, qui sert les infâmes frères Koch et plus généralement les intérêts des grandes corporations. Nous croyons que ça prendra une Grève Générale pour empêcher la législation de Walker et renforcer le mouvement ouvrier.

 

Le Gouverneur Walker et les législateurs conservateurs ont mis de l’avant un plan qui détruira pratiquement tous les syndicats pour les employé-e-s du secteur public, à l’exception de ceux des pompiers, de la police et de la patrouille d’État. Ils planifient également de couper sévèrement dans les programmes d’assistance sociale et d’aide médicale, et de réduire les droits des immigrant-e-s.

 

Avant que cet accord puisse passer, des membres syndicaux de la base et des supportaires avaient massivement occupé le Capitole et manifesté à l’extérieur. Les professeur-e-s ont tenu des « sick-outs » (action collective consistant à appeler pour se déclarer malade pour le travail) et les étudiant-e-s ont sorti dans les rues et occupé des bâtiments. Il s’agit d’un niveau soutenu d’agitation qui n’a pas été vu depuis longtemps aux États-Unis. De plus, la fédération ouvrière à Madison a endossé une grève générale et aucune concession, amenant l’idée de la grève générale dans les débats publics. Cette mobilisation a continué durant plusieurs semaines alors que les législateurs de l’opposition ont fuit l’état, empêchant le projet de loi d’être approuvé.

 

Toutefois, malgré tout le support pour les travailleuses et travailleurs du secteur public du Wisconsin, Walker et ses supportaires ont trouvé un échappatoire parlementaire qui leur a permis d’éviter l’impasse. Il y a une forte poussée pour révoquer les politiciens qui ont supporté le projet de loi. Nous croyons que ce moyen d’action ne fera que neutraliser la colère légitime du peuple. Afin de changer les choses, nous devons nous engager à utiliser les forces que nous avons comme travailleurs et travailleuses : le pouvoir d’arrêter le travail.

 

Ainsi, l’Industrial Workers of the World appelle à la Grève Générale comme premier pas pour combattre les mesures d’austérité. À travers une unité interculturelle, nous pouvons écraser les divisions qui nous divisent. À travers la grève générale, les travailleurs et travailleuses et les étudiantes et étudiants peuvent maximiser ce mouvement.

 

Nous devons faire savoir aux travailleurs et travailleuses syndiqué-e-s et non-syndiqué-e-s, aux sans-emplois et aux gens dépouillés de leurs droits que le véritable pouvoir ne demeure pas dans les halls de marbre du bâtiment du Capitole ou dans les Conseils d’administration des grandes corporations. C’est dans l’unité et l’action que nos cœurs et nos esprits deviennent les voies du pouvoir et de la résistance.

 

Aujourd’hui et pour la lutte qui s’en vient, nous vous demandons votre support

● Écrivez des lettres de support pour les militant-e-s de la base et les mobilisations. 

● Tenez des rassemblements de solidarité. Pensez à des journées de mobilisation. Souvenez vous de nous le 1er mai.

● Faites des donations pour le travail d’organisation: http://donate.iww.org

 

Solidarité

À travers la solidarité et l’action directe, nous pouvons empêcher ce projet de loi et ravigorer la classe ouvrière internationale. Nous espérons que vous nous viendrez en aide, et nous n’oublierons jamais l’unité et l’esprit que vous nous démontrez.

 

Madison IWW

PO Box 2442

Madison, WI, 53703

http://www.madison.iww.org 

 

*Traduction du Blogue du Collectif Emma Goldman

 

Related Link: http://www.madison.iww.org

Par saoudsalem
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 19:15

saloud-salem.jpg

L’intervention des pays soi-disant démocratiques alliés aux monarchies pétrolières n’a pas pour but philanthropique de venir en aide au peuple libyen pour aboutir à son émancipation sociale et politique.

L’enjeu n’est pas tant de capter les ressources pétrolières libyennes, que de montrer la capacité de ceux qui gouvernent le monde de stabiliser une situation régionale à leur avantage. En enrôlant le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, les Occidentaux confortent ces régimes tyranniques dans leur intervention militaire contre l’insurrection bahreïnie, et légitiment ainsi par avance les futures répressions sanglantes dans tous les pays de la péninsule Arabique et au-delà si besoin est. De plus, la Libye de Kadhafi jouait vis-à-vis de l’Europe le rôle de verrou contre l’immigration africaine, comme le lui avaient demandé ses amis Sarkozy et Berlusconi. Il est donc nécessaire pour les États européens de s’assurer que Kadhafi soit bien remplacé par un pouvoir à leur service.

Le soulèvement populaire du peuple libyen est l’opportunité attendue par les oligarchies occidentales pour reprendre la main dans une région où la multiplication des soulèvements populaires n’a cessé d’inquiéter les « démocrates patentés ». L’humanitarisme affiché pour « venir en aide » au peuple libyen n’est qu’hypocrisie et cynisme, car depuis quarante-deux ans ce peuple subit le joug de son « Guide » et se fait massacrer dans le silence à défaut de pouvoir s’exiler sans espoir de retour ; et, ces dernières années, les États et les entreprises de ce même Occident acceptaient les capitaux du régime libyen et se précipitaient en rangs serrés à Tripoli pour lui vendre des armes, et même lui proposer une centrale nucléaire !

Le peuple libyen est aujourd’hui pris en otage entre son dictateur et les puissances occidentales soucieuses d’abord de leurs intérêts économiques et géostratégiques.

Le prix à payer par le peuple libyen pour cette tentative d’émancipation sociale sera élevé en raison
• de la guerre de ce jour ;
• de la perpétuation éventuelle du régime de Kadhafi ou de ses héritiers sur tout ou partie de ce territoire ;
• ou du diktat de l’exploitation capitaliste par les bourgeoisies venues asseoir militairement une nouvelle tyrannie.

Le courage des peuples arabes qui ont osé dire ça suffit, qui nous montrent le chemin d’autres présents possibles, est admirable.
Le courage du peuple libyen debout pour ses libertés appelle respect et solidarité.
Nous sommes sensibles au sort des victimes, mais ne nous laisserons pas aveugler par une émotion consensuelle.
Notre solidarité n’est pas de nous associer au chœur des pseudo-philosophes, aussi larmoyants que va-t-en-guerre, et des médias aux ordres de l’idéologie capitaliste, mais de continuer le combat pour l’émancipation sociale et politique contre nos bourgeoisies complices de ces massacres.

O.C.L.
Le 20 mars 2011

http://oclibertaire.free.fr/

Par saoudsalem
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 17:36

 

Untitled (Iraq) 2009 from Richard Mosse on Vimeo.

Bullet scored paraphernalia lie scattered in the dangerous wastes of central Iraq, evoking sculpture by Giacometti, Moore, Serra. Live and spent fire litter the surrounding landscape, creating an indelible image of the playfulness of destruction. The soundtrack invokes a roll of Iraqi place names, some of which are immediately recognizable to us through countless news dispatches from Iraqi wars.

 

Cinematography by Trevor Tweeten

 

Digital Color by Jerome Thelia

 

 

Par saoudsalem
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 17:05

 

BHL_Libye.jpg

Par saoudsalem
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 17:27

saoud salem

 

 

I segni della sconfitta della rivoluzione in Libia

 

I segni della sconfitta della rivoluzione in Libia

Il testo che segue gira da qualche giorno in internet. E' opera di Saoud Salem, un blogger libico che da anarkismo.net, il primo sito ad aver editato l'articolo in italiano, viene definito un anarchico. Risale al 17 febbraio e lo riporto perché l'ho trovato molto interessante.

 

north africa / imperialism / war Thursday March 24, 2011 16:52 by سعود سالم
featured image

وفي نفس الوقت نطالب لكل الشعوب أن تساندنا
مصر وتونس وفرنسا والصين وشعوب العالم بأسره نرحب بمساندتهم وتعاطفهم معنا

[English] [Français] [Italiano] [Castellano] [Català] [中文]

 

 

Statement by a Libyan anarchist – The signs of the defeat of Libyan revolution

 

Libyan Anarchist Denounces Western Intervention « The

Wobbly Goblin

 

http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/19/1039013-Libye-la-veillee-d-armes.html

 

Libyan Anarchist Denounces Western Intervention « The Wobbly Goblin

 

Rede gegen den Krieg --- in Libyen und sowieso … « Radio Chiflado

Qualche giorno fa, sul suo blog, l’anarchico libico Saoud Salem ha lanciato un appello che racconta molto di più di tanti giornali e Tg che ogni giorno ci martellano. È per questo che ci associamo e lo diffondiamo. L’appello è stato ripreso da vari siti internazionali e italiani. Buona lettura.

Un appello dai combattenti libici | ‘A67 | Il Fatto Quotidiano

Un appello dai combattenti libici | Hellò Magazine

Par saoudsalem
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 17:21

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Libye : «Aube de l'odyssée» ou cheval de Troie


«Aube de l'Odyssée» est le nom de code de l'intervention militaire occidentale en Libye. 

La France, la première, a bombardé en Libye, en Afrique du Nord, aux frontières de l'Algérie. Cela n'était pas arrivé depuis un demi-siècle, depuis la fin de notre guerre de libération. 

 

Djamel Labidi
Dimanche 27 Mars 2011



Du coup, le hurlement des réacteurs des avions de chasse français, le sifflement strident des rockets, le hurlement funèbre des missiles américains, donnent une autre réalité à l'appel des insurgés libyens à l'aide de l'Occident. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Certes, il pouvait être difficile' pour les plus sincères des insurgés de faire la part des choses entre la cause nationale et celle de la démocratie. Mais désormais, ils ne peuvent plus ignorer cette réalité, celle des bombardements de forces étrangères sur leurs propres villes, sur leurs propres aéroports, sur leurs propres routes, sur leur propre peuple, car là aussi il s'agit de bombardements contre des populations civiles, et il n'y a pas un bon et un mauvais peuple. Démocratie où serait ta victoire si elle se faisait à ce prix. 

Tout petit, mon père m'avait raconté cette histoire: C'était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l'Algérie et était arrivé à la porte d'une ville'. Un bachagha algérien, l'accueillant, lui dit: «C'est mon père qui a ouvert cette ville à la France». Et Clemenceau de lui répondre: «Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître.» 

Que les insurgés libyens, et les Etats arabes qui ont appelé à l'intervention armée, prennent garde aux flatteries occidentales sur «leur courage» et «leur détermination démocratique'». Il n'y a aucun courage à compter sur des armées étrangères pour vaincre. Ces flatteries ne cachent, en réalité, que mépris pour eux. Peut-on défendre une révolution démocratique et nationale en indiquant à des forces armées étrangères les sites de son propre pays à bombarder. Espérons que les plus lucides des démocrates libyens prendront conscience du terrible engrenage dans lequel on veut les entrainer, de glissement en glissement, et qu'ils comprendront qu'on ne peut défendre la démocratie sans défendre la nation. Les peuples hiérarchisent les priorités. 

Le nouveau pouvoir Libyen, s'il est installé par l'étranger, sera marqué par les conditions de sa naissance. Il sera vulnérable, soumis à la volonté de ceux qui l'auront fait. Rien n'aura été réglé. Pire, la crise démocratique se sera transformée en crise nationale 

Tout cela est dommage. Terriblement dommage. Si les vrais démocrates libyens ne redressent pas la situation, on pourra dire alors que la révolution démocratique libyenne aura, pour le moment, échoué. Il n'est pas d'exemple historique de révolution qui ait été véritable en étant apportée par des forces armées étrangères. 

DESINFORMATION et MANIPULATIONS 

La crise libyenne restera probablement dans l'Histoire comme l'une des plus grandes opérations de désinformation et de violation du droit international de notre époque. 

Un point est à cet égard significatif: la résolution 1973 adoptée Jeudi 17 mars par le Conseil de sécurité. Cette résolution dans son article 1, qui a donc la primauté sur tous les autres, ordonne un cessez le feu en Lybie, et dans son article 2 préconise expressément «un dialogue qui débouche sur les reformes politiques nécessaires à un règlement pacifique et durable» (souligné par nous).Ce sont ces dispositions qui vont faire que les principales grandes nations émergentes (Chine, Russie, Inde, Brésil) ne vont pas voter contre cette résolution mais s'abstenir, pour exprimer leur méfiance au fait que la résolution laisse quand même la possibilité d'une intervention extérieure (article 4 ). 

Mais les dispositions réelles de la résolution vont être passées sous silence dans une gigantesque campagne médiatique qui ne veut y voir que «l'autorisation du recours à la force contre le régime de Kadhafi» (journal «Le Monde» du 18 mars), et donc celle de procéder à «des frappes». Ceci n'est pourtant pas dit dans la résolution qui parle seulement «de toutes mesures nécessaires à la protection des populations civiles» sans citer nulle part le «régime de Kadhafi», c'est à dire en s'adressant à toutes les parties en conflit. 

La campagne médiatique est si violente que l'opinion est sidérée et qu'il lui est littéralement impossible de ne pas croire à ce qu'on lui dit. Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, tient à prendre la parole devant le Conseil de sécurité, donnant l'impression d'être triomphant à la suite de l'adoption de la résolution. Il s'essaie d'ailleurs à reprendre les accents lyriques de Dominique de Villepin lors du refus de la France à la résolution concernant l'Irak (en 2003), mais il n'en est que le négatif, la triste et pâle copie, là où l'un s'était opposé à une agression, l'autre la réclame. Alain Juppé sort, ensuite, quasiment en courant, de la réunion du Conseil de sécurité et se précipite vers les medias comme s'il venait de recevoir l'autorisation d'une intervention armée en Lybie. 

D'ailleurs les medias occidentaux s'impatientent que les frappes ne commencent pas de suite. 

Cette campagne médiatique est totalitaire, ne laisse aucun espace à l'esprit critique. Il ne doit y avoir aucune place à d'autres opinions que celle caricaturant El Gueddafi, le présentant comme un fou dangereux qui doit être éliminé. Il faut empêcher les gens de réfléchir au delà d'El Gueddafi, c'est à dire au fond de la crise actuelle, à tous ses aspects, aux véritables enjeux, bref les obliger au conformisme le plus plat. 

Les grandes chaines satellitaires et des journaux arabes, au Machrek et au Maghreb, participent à cette immense manipulation, soit parce qu'ils soutiennent les positions occidentales, soit parce qu'ils sont eux aussi impressionnés par cette pression médiatique extrême. C'est le cas de la chaine El Djazira, dont le pays d'accueil, le Qatar est partie prenante de la coalition occidentale, mais aussi d' «El Arabiya» et d'autres, dans un contexte d'unanimisme, et d'uniformisation de l'information encore jamais vu. 

L'un des instruments essentiels de la désinformation va être de cacher, non seulement le contenu réel de la résolution, mais aussi que l'essentiel de l'humanité est contre une intervention militaire étrangère. D'abord les grandes nations émergentes: la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie. Il faut y ajouter la Turquie. Ces pays ont dénoncé le détournement de la résolution et l'usage qui en a été fait. C'est le cas aussi de l'Union Africaine qui s'oppose aux attaques militaires actuelles et qui n'a pas voulu participer au sommet de Samedi à Paris. Et c'est le cas même de la Ligue arabe, dont le Secrétaire général vient de dénoncer l'interprétation qui a été faite de la notion «de zone d'exclusion aérienne». La résolution adoptée par la Ligue arabe à ce sujet a été surtout le fait des monarchies du Golfe, Etats à faible population et représentant une minorité du monde arabe. Parmi les pays voisins, l'Algérie a voté contre. L'Egypte et la Tunisie sont en période de transition mais, notamment la première, prend de plus en plus ses distances avec la coalition occidentale. Il n'y reste que le Qatar, qui s'y retrouve aujourd'hui seul, isolé. 

Un autre aspect de la désinformation va consister à présenter l'intervention armée comme la seule alternative. «Pouvait on laisser des populations civiles être massacrées», voilà ce qui va être le leitmotiv. Rien n'est là aussi plus faux. Le président Chavez avait présenté, dés le début de la crise un plan de dialogue qui avait été accepté par El Gueddafi, la Ligue arabe et l'Union africaine. Et comme on l'a vu l'article 2 de la résolution du conseil de sécurité privilégiait aussi le dialogue. L'opinion a donc été désinformée de la véritable décision de l'ONU. Chauffée à blanc, elle va même s'impatienter du retard à lancer l'attaque. Mais il était difficile de violer à ce point la lettre de la résolution du Conseil de sécurité qui accordait la priorité à un cessez le feu, et donc de violer d'évidence le droit international. Or le pouvoir libyen déclare de suite accepter la résolution de l'ONU, qu'il s'y soumet et il décrète un cessez le feu immédiat. Il fallait donc prouver à tout prix que le régime libyen ne respectait pas le cessez le feu. 

LES FAMEUX TEMOINS OCULAIRES 

Le relai est alors pris par des chaines satellitaires arabes, notamment El Djazira, la chaine Qatari. C'est la fameuse utilisation de la source des «témoins oculaires» ( en arabe chouhoud ayan) qui restera probablement comme l'une des caractéristiques des méthodes d'information (et de désinformation) durant cette crise). Et c'est ainsi qu'à l'ère du règne des images et des évènements suivis en direct, ce sont des «témoins» (qu'on entend souvent sans les voir) qui nous donnent des informations… sans images. Et lorsqu'on a des images, on a l'impression gênante souvent de mises en scènes: soldats et hommes armés accoutrés de façon disparate, pièces de DCA dont les servants semblent s'amuser comme avec un jouet, en les tournant dans tous les sens et en tirant au hasard comme contre des avions devant les cameras, armées de mercenaires noirs signalées dans un langage qui confine au racisme mais invisibles etc. 

Dans la nuit du Jeudi 17 mars au Vendredi 18 mars, «El Djazira» (et aussi «El Arabiya» mais avec plus de retenue) va créer une atmosphère dramatiquement intense de témoignages oculaires affirmant que le cessez le feu n'est pas respecté et que les troupes gouvernementales sont «entrées dans les faubourgs de Benghazi». Le soir, El Djazira, aux environs de 19h (heure 

d'Alger), interviewe en direct l'ambassadrice américaine Susan Rice pour lui affirmer que le cessez le feu n'est pas respecté et lui reprocher avec véhémence de ne pas se porter au secours de Benghazi «avant qu'il ne soit trop tard». Quelques minutes après, l'ambassadrice américaine, comme si elle n'attendait que cela, reprenant El Djazira, dira que le cessez le feu n'est pas respecté et France 24 reprendra ceci comme une information officielle. Les envoyés spéciaux de France 24 utiliseront eux aussi le procédé du «témoin oculaire». Ils n'ont pas d'images, n'ont rien vu, bien qu'ils soient «sur le terrain» mais le fait «d'être sur le terrain» a ici pour fonction de leur donner plus de crédibilité. La pression devient le Samedi matin de plus en plus intense, au fur et à mesure qu'on s'approche du sommet international réuni à Paris ce jour et qui doit décider des frappes militaires. On donne l'image d'un avion de chasse qui s'écrase en feu sur Benghazi, dont on dira après qu'il n'est vraisemblablement pas un avion sous contrôle du gouvernement libyen, mais on préféra bizarrement ne plus le dire. 

Il est clair que le pouvoir libyen a intérêt à respecter le cessez le feu et à ne donner aucun prétexte aux frappes. Mais qu'importe. Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage. «El «Gueddafi est un menteur, on ne peut faire confiance à ce régime», cette affirmation va désormais être répétée sans arrêt et servir d'argument générique, permettant l'économie de toute argumentation, de toute preuve. Soit. Il n'est pas digne de confiance, mais alors pourquoi ne pas avoir recours à des observateurs chargés de contrôler le cessez le feu. C'est ce que proposent les libyens mais en vain. 

Après les frappes, et comme par enchantement, on ne parlera plus de troupes de El Gueddafi «dans les faubourgs de Benghazi». Et lorsqu'on annoncera les premières victimes des missiles américains sur Tripoli, les journalistes de France 24 et d'El Djazira, devenus soudains sceptiques et professionnels, diront qu'il est nécessaire de vérifier ces informations. 

COMME A LA «BELLE EPOQUE» 

Quel que soit le comportement du gouvernement libyen, la cause était entendue d'avance. Il fallait éliminer El Gueddafi, et si besoin est physiquement, comme on le verra suggéré. La façon dont ont été déclenchées les frappes, les cibles visées, prouvent la préméditation et que les préparatifs ont été faits bien à l'avance, déjà au moins lorsque les bâtiments de guerre américains, français et anglais sont venus croiser au large des côtes libyennes. L'évolution même du langage des medias et des officiels occidentaux montrent les buts réels de l'opération: on passe successivement de «zone d'exclusion aérienne» à «frappes ciblées» puis à «frappes préventives», puis à «l'appui à donner aux insurgés pour renverser El Gueddafi qui est de toute façon fini politiquement». La partition de la Lybie, entre d'une part la Tripolitaine et d'autre part la Cyrénaïque est déjà évoquée comme une option .Certains intellectuels français, comme Antoine Sfeir, qui a réclamé avec acharnement avec Bernard Henry Lévy une intervention militaire, va jusqu'à envisager sur la chaine France 5 (émission «C dans l'air»,16 mars) l'éventualité «que quelqu'un mette à Gueddafi une balle dans la tête». Un autre «spécialiste des pays arabes», Antoine Basbous suggère sur France 2 («Telématin», 21 mars) que la disparition de El Gueddafi résoudrait bien des problèmes. La crise libyenne révèle d'un seul coup l'état culturel d'une grande partie de l'intelligentsia française. Certains ne se contentent pas seulement de justifier l'intervention armée en Lybie, ils vont même jusqu'à prendre un plaisir inquiétant à donner des conseils sur la manière de mener l'action militaire, comme le font Pascal Boniface, Pierre Hesner, Paul Pancracio, Jean François Daguzan, des intellectuels et chercheurs français dans le journal «Le Monde» du 16 Mars 2011. S'il y a une contradiction trop évidente, comme l'étrange tolérance sur ce qui se passe à Bahreïn, le problème est écarté d'un revers de la main, et on propose là une grille de lecture d'un conflit entre sunnites et chiites, en oubliant de dire qu'ils sont avant tout tous arabes. Sur les plateaux des medias français se succèdent intellectuels, experts militaires et hommes politiques, dans une alliance sacrée qui va de la droite à la gauche. Chacun adresse des louanges à la lucidité et à «l'audace» du président Sarkozy. L'atmosphère est à une hystérie guerrière, à une frénésie militaire, à un sentiment de puissance au spectacle des Mirages qui décollent pour une proie si facile, pour une guerre sans risques. Tout ce monde laisse l'impression de respirer un moment, euphorique, l'air de la «la belle époque», celle de la domination coloniale. Le chauvinisme se cache comme toujours, et comme déjà à cette époque, derrière des arguments humanitaires et civilisationnels. Des mots méprisants et révélateurs sont parfois lâchés comme ce journaliste de France 24, Silvain Attal, qui veut justifier le rôle leader de la France dans cette opération, en revendiquant le Maghreb comme «l'arrière cour de la France». Le plaisir guerrier, est ici d'autant plus fort que la France doute d'elle même dans un monde qui change inexorablement et où les pays occidentaux auront à accepter leur nouvelle place, une place égale aux autres. 

Les interventions militaires se suivent et se ressemblent, en Irak, en Afghanistan etc. On ne change même pas le script et presque pas le casting du côté des acteurs occidentaux. «opérations humanitaires, défense des populations civiles», les justifications sont les mêmes. C'est chaque fois la catastrophe et d'immenses souffrances pour les peuples victimes, mais on recommence chaque fois. 

IRAK REPLAY 

C'est le remake des deux guerres contre l'Irak. Tout y est, exactement, comme s'ils n'avaient rien appris depuis 20 ans. Le premier ministre anglais, David Cameron, retrouve exactement les mêmes mots que Bush et Tony Blair et commence son discours de justification de l'attaque contre la Lybie en disant «Nous avons des informations fiables que….». On affirme à nouveau que les frappes des missiles Cruise et Tomawak sont des «frappes chirurgicales» pour une nouvelle «guerre propre». Dans la nuit de Tripoli recommence le feu d'artifice monstrueux, comme à Bagdad. 

Le plus douloureux est de retrouver des chaines et des journaux arabes justifier tout cela et avec des arguments semblables. La Chaine El Djazira a représenté, pour l'opinion arabe, un grand espoir d'esprit critique, de pluralité de l'information, bref de démocratie. Avec la crise libyenne, elle devient brusquement une chaine gouvernementale arabe comme les autres, un instrument de propagande. On se souvient soudain qu'elle est la chaine du Qatar. Où est El Djazira qui représentait une source d'informations, une alternative à la désinformation pendant les guerres contre l'Irak, contre le Liban, contre Gaza. Le 19 mars, 110 missiles tomahawks avaient été tirés sur la Lybie. Le soir, les journalistes de «El Djazira» nous expliquaient, admiratifs, que les missiles tomahawks coûtent extrêmement chers mais qu'ils sont très précis, et qu'il est donc à l'honneur des américains de les utiliser contre Tripoli pour faire le moins possible de victimes civiles. C'est là aussi dommage, bien dommage pour l'avenir et la crédibilité d'El Djazira auprès de l'opinion arabe mais aussi pour nous tous car les chaine satellitaires arabes ont été, malgré tout, l'un des plus grands progrès de ces dernières années. Mais espérons qu'il ne s'agisse que d'un épisode. En tout cas, il prouve comment la cause nationale et la cause démocratique sont profondément imbriquées dans le monde arabe et que tout recul de l'une est le recul de l'autre. 

Les Etats occidentaux ont baptisé leur opération militaire contre la Lybie «Aube de l'Odyssée». Est ce un lapsus car on pense invinciblement alors au Cheval de Troie. La Démocratie pourra-t-elle être utilisée comme Cheval de Troie d'un retour du colonialisme, comme peut le faire croire ce qui se passe en Lybie. C'est ce que pourraient penser les nostalgiques des régimes nationalistes autoritaires. Mais rien n'est plus faux. En réalité, les Etats occidentaux dominants sont inquiets, désemparés devant cette intervention massive des Arabes sur la scène historique. La révolution démocratique arabe murit partout y compris lorsqu'elle échoue momentanément ici et là. En Tunisie et en Egypte, elle ne tardera pas à fournir ses fruits au bénéfice de tout le monde arabe. Elle est aujourd'hui un formidable outil de libération nationale et sociale, le seul fourni finalement par l'Histoire. Il n'y a pas d'autre alternative, y compris pour le pouvoir libyen actuel, qui ne doit pas comprendre que l'hostilité, qui se développera certainement dans l'opinion mondiale et arabe à l'agression étrangère, signifie un soutien à lui.

Dimanche 27 Mars 2011

Par saoudsalem
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