Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 16:33


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Les signes annonciateurs de la défaite de la révolution


Dans quelques heures, le conseil de sécurité décidera du début de l'attaque aérienne sur la libye. La France dit qu'elle est prète à bombarder depuis la nuit. Nous condamnons cette décision internationale -si elle se vérifie- et nous rejetons par principe, toute intervention étrangère de quelque nature que ce soit. Et en particulier de la France, qui a vendu pour plusieurs milliards d'armes à Kadhafi, utilisées pour les bombardements d'aujourd'hui, et qui n'a arrêté ses contrats avec celui-ci qu'il y a trois semaines. 

Il faut dénoncer cette intervention, qui ajouterait à l'enfer actuel un enfer supplémentaire en Libye, qui vole la révolution aux libyens, alors qu'elle leur a coûté plusieurs milliers de victimes. Une intervention qui aura pour conséquence de diviser les factions de la résistance.

Même si ces opérations militaires étaient un succès et parvenaient à chasser (ou tuer) Kadhafi comme Saddam Hussein, cela signifierai que nous serions libérés par les américains et les français, et il est certains qu'ils nous le rappeleraient à chaque minute.

Comment pourrions-nous soutenir cela plus tard?

Et comment expliquer aux générations futures toutes ces victimes, tous ces cadavres qui jonchent les rues ?
Nous nous sommes libérés de Kadhafi et sommes devenus esclaves de ceux qui lui ont donné le pouvoir et l'ont soutenu pendant ces longues années d'oppression et de violence autoritaire.

Après la première erreur, la militarisation de la révolution populaire, nous avons fait la seconde, la mise en place d'une direction composées d'ancien partisans du régime. La troisième erreur est de demander de l'aide à nos ennemis. 

Nous espérons que nous éviterons la quatrième : l'occupation et le débarquement des marines?

Sarkozy et la France sont nos ennemis et sont un ennemi pour nous et le Tiers monde et ils ne cachent pas leur haine pour nous. Ce qui préoccupe Sarkozy c'est d'être réélu l'année prochaine. 

La rencontre entre Sarkozy et les représentant du Conseil National de Transition a été organisé par Bernard Henri Lévy, qui a assisté aux pourparlers entre les 2 parties. Pour ceux qui ne connaissent pas ce personnage : c'est un pseudo philosophe, militant sioniste, un français qui a consacré tous ses efforts à soutenir Israel et à défendre nuit et jours ses intérêts dans l'arène médiatique française et internationale et on a pu voir récemment des photos place Tahrir au Caire, où il est venu voir ce qui se passe et s'assurer que les révoltés ne crient pas de slogans hostiles à Israel. 

Que pouvons nous dire en attendant les bombes ? Car les bombes ne font pas la différence entre ceux qui sont avec ou contre Kadhafi. 

Les bombes colonialistes comme vous le savez ont un seul objectif, et c'est celui de défendre les intérêts des marchands de canon.

Ils vendent pour des milliards de dollar d'armes à Kadhafi. On leur demande ensuite de détruire ces armes aujourd'hui. Et puis ils conclueront de nouveaux contrats avec le nouveau gouvernement. L'histoire est ancienne, bien connue et ennuyeuse. Mais il y a des personnes qui ne peuvent apprendre qu'en refaisant les mêmes erreurs, déjà faites il y a longtemps.

Je le dis très clairement : cette option est une très grave erreur stratégique . La population de Libye va en payer le prix pendant de longues années. Peut être plus que les années de règne de Kadhafi et sa famille. 

Nous lançons un appel maintenant : 

Quelques heures avant l'incendie et que la Libye soit transformée en un autre Baghdad.

A tous les lybiens, qu'ils soient intellectuels, artistes, universitaires ou qu'ils ne sachent pas écrire, à tous les citoyens hommes et femmes : 

Nous demandons à tous de rejeter cette intervention militaire de la france, des Etats Unis et de la Grande Bretagne, soutenue par les régimes arabes. 

Nous le demandons en même temps à toutes les personnes qui nous soutiennent, en Egypte, en Tunisie, en France, en Chine et nous accueillons chaleureusement le soutien et la sympathie de tous peuples du monde entiers. Mais nous ne demandons rien de quelque gouvernement que ce soit, à part de se retirer et de nous laisser régler le problème Kadhafi nous même. 


Salem Saoud
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 16:25
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 13:22

 

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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 18:25

 

si l'unique outil dont vous disposez est un marteau 
vous aurez tendance à considérer tous les problèmes comme des clous


 

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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 16:49

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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 23:24
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 19:37

               si l'unique outil dont vous disposez est un marteau 
vous aurez tendance à considérer tous les problèmes comme des clous

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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 19:03

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La démocratie capitaliste, libérale, néo-libérale, industrielle est une dictature qui impose sa vision de la démocratie au monde entier par tous les moyens possibles et imaginables. Les systèmes totalitaires dans le monde se nourrissent du capitalisme, comme le capitalisme se nourrit du fascisme et l’utilise comme échappatoire, épouvantail, diversion... Le fascisme et le capitalisme se nourrissent de notre angoisse, notre peur, notre silence, notre complicité, notre sang, notre sueur, notre travail, notre obéissance, notre vie. Le fascisme est l’image en reflet du miroir du capitalisme et dans un monde d’illusion et de spectacle nous ne savons plus qui est le reflet de qui? Nous savons tout simplement que les démocrates ne sont pas pour la paix, ne sont pas pour l’humanité, ne sont pas pour la justice, etc., et que les fascistes ne sont pas contre la guerre, ne sont pas contre les capitalistes, ne sont pas pour l’humanité... Le capitalisme démocratique (ou la démocratie capitaliste) ne peut vivre sans le fascisme comme ennemi à abattre, ce qui justifie le totalitarisme de la démocratie. Le fascisme ne peut surgir qu’à partir de la pourriture des démocraties. La toile de fond qui réunit les deux têtes de l’action humaine dans l’histoire, c’est le patriarcat, un système de pensée, une vision manichéenne qui divise le monde en noir et blanc, en masculin/féminin, en bon ou mauvais, fasciste ou démocrate, en dieu ou diable, en humain non humain, etc. Dans ce système, l’image est considérée comme substitution de la réalité et comme force infernale pour vider le monde et l’être de son sens. il est toujours plus facile de manipuler les masses que les individus, et c’est pour cette raison que les gens ne sont jamais considérés dans leur chair et leur sang mais comme partie d’une entité abstraite d’un peuple, d’une ethnie, nation, communauté de langue, de culture, de passé (Histoire), de territoire (géographique), de sexe ou de couleur de peau. La question peut être «l’identité »de l’individu ou du groupe, dès lors que cette identité est considérée comme donnée culture, langue, race, ethnie, sexe nous restons dans la sphère de l’homme aveugle qui ne voit que ce qu’il a l’habitude de voir. Nous ne sommes pas des arbres, nous ne voulons pas moisir avec nos racines, d’ailleurs nos racines ne seraient rien d’autre que notre conscience., notre corps ... «Il n’y a pas de peuple sans langue, il n’y a pas de langue sans culture, il n’y a pas de culture sans territoire. » Cette phrase de Ben, illustre la logique de cette civilisation basée sur la parole, les énoncés vides de sens et une collaboration efficace de tout le monde pour nous tirer vers le bas jusqu’à toucher le fond. Car Ben, même dans la logique hasardeuse de sa phrase, a oublié de compléter le tableau des horreurs, il a oublié d’ajouter qu’il n’y a pas de territoire sans frontières, il n’y a pas de frontières sans armée, sans fils barbelé ... il n’y a pas de frontière sans guerre. Le peuple, c’est tout le monde et personne en même temps, le peuple est un piège que nous tend le pouvoir pour se légitimer, se valider, se donner sens,... Les morts sont des dégâts collatéraux de la guerre, les guerres sont des dégâts collatéraux du pouvoir, les pouvoirs sont des dégâts collatéraux du capitalisme. Le capitalisme vise le pouvoir de l’argent et atteint l’être humain dans sa dignité. Le fascisme vise le pouvoir obscur de la terre, du sang de la nature, et atteint l’être humain dans sa liberté, dans sa conscience. Les morts, les déplacés, les déclassés, les éjectés, les sans papiers, les sans territoire, les nomades, les sans argent, les sans abri, les sans transport, les morts, les survivants, les esclaves, les vaincus, les tout ce qui vient d’être énuméré conjugués au féminin..., nous sommes tous, non pas des victimes, mais les complices du capitalisme et du fascisme du fait de notre seule existence. Ce n’est pas une fatalité mais un constat, un état des lieux de la situation de l’homme au monde enlisé dans son inertie et sa lassitude, constat de l’homme habitué à vivre par procuration, délégation, représentation. Il en est ainsi de l’être qui n’a jamais appris à dire «l’humanité, c’est moi, la nature c’est moi, le monde c’est moi, la réalité c’est moi ». Les fascistes savent qu’une goutte d’eau plus une goutte d’eau cela finit par former la mer, par contre des milliers de «moi», des millions de moi ne forment jamais l’humanité. L’humanité constitue une masse informe, sans visage; c’est en son nom qu’on bombarde et ce sont des individus qui meurent. Ce sont des individus qui meurent, ce sont des individus qui meurent, ce sont des individus.        saoud salem
 
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 18:29
 
 
 
 

 

 

une ville, c’est avant tout des volumes, des volumes de toute sorte ; des maisons, des bâtiments, des buildings, des immeubles, des complexes, des tours, des barres, des gratte-ciel, des hlm, des habitations, des constructions qui forment des figures géométriques approximatives ; des cubes, des rectangles, des parallélépipèdes, des pentagones, des polygones, agencés horizontalement et verticalement, des volumes solides, en matière dure ; de la pierre, des briques, des parpaings, de l’acier, du verre, du bois, du métal, du béton, des constructions fixées avec des fondations encaissées profondément au sol, disposées séparément ou collées l’une à l’autre et forme des blocks, des agglomérations des quartiers, des banlieues des lotissements, délimitent et créent l’espace et communiquent entre elles par de nombreuses ouvertures et issues qui permettent la circulation d’un volume à l’autre, au moyen des passages, des escaliers, des ascenseurs, des couloirs, des cours, des allées, des boulevards, des chemins, des rues, des impasses, des routes, des places, des passerelles, des ponts ; chaque volume se compose à son tour en d’autres volumes plus petits, des appartements, des studios, des bureaux, des salles, des halls, des chambres, des salles de bain, des cuisines, des salons, des milliers et des milliers de volumes, vides à l’origine, se remplissent ensuite progressivement par une processus d’acquisition et d’accumulation de toutes sortes d’objets : chaises, tables, lits, armoires, vaisselles, frigo, machine à laver, meubles, télévisions, ordinateurs, chaînes hi-fi, livres, bibelots, placards, dossiers, mais aussi d’animaux et de plantes de toutes espèces : des chiens, des chats, des oiseaux, des souris, des rats, des tortues, des fleurs, des bonzaï, des poissons rouges et des multitudes d’autres objets nécessaires à la survie et au confort des hommes et des femmes occupant et circulant dans ces espaces ; le mouvement d’un individu dans et entre les différents volumes est prévisible et répétitif, ilpeut être tracé d’une manière rationnelle d’un point à l’autre ; la maison ou l’appartement ou la chambre d’hôtel comme point de départ et d’arrivée, puis quelques centres d’intérêts variables : l’école, le bureau, l’usine, l’entreprise, le supermarché, la pharmacie,le bar, le restaurant, le salon de coiffure, le cinéma, la gare, la bibliothèque, la maison des parents ou des amies, le bureau du tabac ; ce mouvement se modifie de temps en temps durant des périodes plus ou moins précises : vacances, maladies, grèves, déménagement, mariage, neige, canicule et autres catastrophes ; ces déplacements s’effectuent de différentes manières : à pied, en vélo, en voiture, métro, bus, tramway, taxi, avion, la vitesse de déplacement dépend du moyen utilisé ainsi que d’autres paramètres variables comme les embouteillages, le mauvais temps, les travaux, les accidents, et chaque individu possède une montre ou un téléphone mobile pour chronométrer son trajet, pour savoir de combien de temps il est en retard… mais en principe, tout le monde finit par arriver à sa destination, qui est aussi son point de départ jusqu’au soir ou tout le monde, par principe arrive chez soi pour se reposer, fermer sa porte derrière soi et se sentir en sécurité, car toutes les ouvertures de ces volumes disposent d’une ou plusieurs portes, la porte d’entrée, la porte de sortie, la porte de la maison, la porte de la chambre, la porte de secours, la porte d’en face, et la porte d’à côté, la porte principale, la grande porte la petite porte, la porte de la ville, la porte du bureau, de l’atelier, du garage, la porte de l’escalier, de l’ascenseur, et en chaque porte il y a une ou plusieurs serrures, une ou   plusieurs clés, 

 

 

 

 

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 dans une petite ville comme Toulouse on peut estimer qu’il y au moins cinq millions de portes, sans compter les petites ouvertures dans les murs qu’on nomme fenêtres, et sans compter les portails, les portières, les grilles, les barrières, les portillons, les guichets ; une personne peut ouvrir et fermer sa porte au moins cinquante mille fois dans sa vie, ces différents volumes sont destinés à abriter les personnes qui habitent dans cette ville, pour vivre ou pour travailler ou se distraire, et chaque personne est localisée, avec des coordonnées très précises, les rues ont des noms, des noms d’hommes illustres, de militaires, colonel, général, maréchal, de politiciens, de médecins, de curés, de saints, d’écrivains, de poètes, de peintres, mais aussi des noms de batailles, d’événements, de dates, de lieux, de plantes, les volumes ont des numéros, numéros paires d’un coté, impaires de l’autre ainsi que les étages dans chaque volume, les bâtiments aussi ont parfois, parfois seulement, des noms : le commissariat, l’hôpital, la banque, la sécurité sociale, la gendarmerie, le tribunal, le casino, l’église, la cathédrale, la prison, l’anpe ; la localisation de chaque individu sert à plusieurs choses : ne pas se perdre, recevoir du courrier, des factures de la publicité, des visites, recevoir des amis, et malgré le fait que l’existence d’une ville précède l’existence de ses habitants, les habitants d’une ville construisent des histoires, des mythes, des légendes des souvenirs, des images qu’ils mémorisent, des rencontres, des aventures, des amours, des émotions, des anecdotes et finissent par s’attacher à certains espaces, à certaines rues, à certains quartiers ou à certains volumes et finissent par s’identifier à telle ou telle ville et parfois perdre totalement leur individualité et donnent l’impression que c’est la ville qui construit ses habitants qui deviennent des toulousains, des parisiens, des londoniens, mais en principe tous les habitants d’une ville sont heureux quand ils possèdent un trousseau de clés, une ou plusieurs portes à ouvrir et fermer en toute liberté et partagent avec d’autres heureux, la joie de vivre, de travailler, de se reproduire et se divertir dans cet ensemble, et profiter du beau temps, du soleil et de la pluie, des fruits et légumes de saison et avoir des rapports d’amitié et fraternité avec leur voisin, en principe tous les habitants d’une ville sont heureux sauf pendant des périodes exceptionnelles de catastrophes, d’inondations, de tremblements de terre, d’épidémies, de bombardements, de crise, d’attaques de l’armée américaine ; les habitants d’une ville sont des citoyens responsables, des consommateurs, des auditeurs, des lecteurs, des spectateurs, des téléspectateurs, des électeurs, des acteurs de la vie politique et économique, des républicains, des libéraux, des démocrates, des socialistes, des écologistes, des laïcs, des pacifistes, des tolérants, ils jouissent de leurs droits et accomplissent leur devoir ; cependant il existe une petite minorité qu’on appelle les délinquants, les criminels, les mafieux, les malfrats, les hors la loi, les pervers, les fraudeurs, les marginaux, les assassins, les voleurs, les terroristes, les extrémistes ; en principe ces personnes sont envoyées par les juges, les procureurs, les jurés, les magistrats et les avocats dans des constructions adaptées : les prisons, les maisons d’arrêt, les centrales pour y habiter plus au moins longtemps, acquérir un casier judiciaire, et devenir des prisonniers, des enfermés, des détenues, des incarcérés, des dps, des taulards qui vivent et parfois se suicident dans de petits espaces appelés  cellules, et apparemment et par principe, peut-être, ils ne sont pas heureux.     en principe , texte de saoud salem.        

 

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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 17:07

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Réfléchir sur le lien entre Art et Argent suppose d’emblée que nous partions d’un fait économique actuel : l’art comme industrie, l’artiste comme travailleur, l’objet d’art comme marchandise. Nous pouvons alors constater :< l’objet que le travail produit est un produit qui affronte le travail comme un élément séparé, comme une puissance indépendante du producteur.< le produit du travail est le travail qu’il s’est fixé, concrétisé dans un objet ; il est l’objectivation du travail.< Cette objectivation du travail apparaît comme la perte pour le producteur de sa réalité, l’objectivation comme la perte de l’objet ou l’asservissement à celui-ci.< Plus l’homme s’extériorise dans son travail, plus le monde séparé, objectif qu’il crée en face de lui devient puissant, plus il s’appauvrit lui-même et plus son essence d’être libre s’évanouit. Par la production pratique d’un monde objectif, l’élaboration de la nature non organique, l’être humain fait ses preuves en tant qu’être libre, conscient de sa liberté et exigeant de la liberté des autres pour réaliser la sienne. L’abeille, la fourmi ou le rat, produisent d’une façon fonctionnelle et programmée, tandis que l’être humain produit d’une façon consciente des objets réels et des objets irréels. L’être humain ne produit pas que sous l’emprise du besoin physique immédiat ; il produit à la mesure de toute l’espèce l’homme produit de l’esthétique. La production artistique, dans cette société s’explique donc, par la théorie du besoin selon Marx, ou du manque selon Sartre (le manque étant le corrélatif dialectique du besoin). L’art est une activité humaine qui peut se comprendre en relation avec l’argent dans un système économique largement analysé et commenté depuis plus d’un siècle. L’art est un champ d’activité particulière qui comporte plusieurs éléments : - l’artiste - l’objet artistique - l’histoire de cette production - l’expérience artistique. Dans l’absolu, il n’y a aucun lien de quelque nature que ce soit entre un objet artistique (peinture, sculpture, pièce sonore, représentation théâtrale,...) et l’argent. L’objet artistique est une chose, un « en soi » enfermé dans sa solitude éternelle ; l’argent est un rapport externe entre des individus, une mesure d’équivalence de valeurs

 

appliquées de l’extérieur et d’une manière arbitraire à l’objet. Pour simplifier la question et supprimer tout malentendu, il vaut mieux poser la question ainsi : « la question est : comment fait l’artiste pour subsister à ses besoins élémentaires ? » Dans ce cas, la question comporte déjà la réponse, car l’artiste en tant que producteur, travailleur, ouvrier, artisan exerçant une profession doit vivre, ou plutôt survivre comme tout le monde de sa production. Dans cette logique il y a deux problèmes qui ne sont pas résolus pour un grand nombre d’artistes :< l’art est une activité économique, être artiste est une profession comme une autre< l’objet artistique est une marchandise qui peut s’échanger contre de l’argent ou son équivalent< On peut spéculer sur les raisons psychologiques et psycho-culturelles de cette résistance à accepter cette réalité, néanmoins l’art est toujours autre chose qu’un métier et l’objet d’art est toujours quelque chose de plus qu’une marchandise pour la plupart des artistes. Bien sûr, ce mythe de l’art, la fétichisation de l’objet artistique est maintenue par les artistes eux-mêmes et par les tenant du marché de l’art malgré cette triste réalité qui veut que dans une société capitaliste, la production artistique ne peut échapper aux lois et aux règles qui gèrent toute la production humaine et le produit artistique est bien une marchandise, considérant la production artistique comme le résultat d’un travail humain ; cette production ne peut être compréhensible que dans une dialectique économique/sociale. Les caractères essentiels d’un objet artistique du point de vue de la production sont :< la variabilité du temps de fabrication< la non sérialité de la production, chaque objet est unique< chaque objet est signé, identifié à son fabricant< la durée de vie d’un objet artistique doit être infinie, en tout cas la plus longue possible< l’objet artistique n’a pas d’usage fonctionnel, d’utilité pratique, il ne sert à rien< la quantité d’objets artistiques fabriqués par un artiste est limitée par la durée de vie de l’artiste lui-même< le matériau de base de la fabrication peut être n’importe quoi, il n’y a besoin d’aucun investissement financier< le processus de fabrication nécessite des connaissances techniques et intellectuelles très variées et accessibles à tout le monde par divers moyens. Dès que l’objet est fabriqué, on peut le mettre sur le marché pour être vendu ou loué dans le circuit particulier qu’est le marché de l’art ; il a ses lois, ses protocoles, ses vendeurs, ses promoteurs,... Les caractéristiques de l’objet d’art en tant que marchandise font que la différence entre valeur d’usage et valeur et valeur d’échange est aléatoire et dépend de plusieurs facteurs extérieurs à la marchandise :< la valeur de marchandise est définie par le marché< la valeur est liée à la flèche du temps, donc irréversible : plus de valeur pour une pièce ancienne, une nouvelle œuvre gagne sa valeur dans le futur, valeurs accumulatives. < l’objet peut circuler d’une personne à l’autre, d’un pays à l’autre,...< l’objet peut être acheté par un individu, une institution, un état. La valeur de la marchandise artistique dépend de :< la marque du fabricant, la notoriété de l’artiste< la marque du distributeur, la galerie ou le marchand< l’avis favorable ou défavorable des experts de la marchandise, les critiques d’art.< le contexte général du marché de l’art, les tendances , les modes; etc. Quand il s’agit de production artistique, de la production d’objets ou de représentations (au cinéma, au théâtre, dans les salles de concert, les musées ou tout autre forme d’expérience esthétique) c’est le territoire économique qui délimite les conditions et les modalités de l’échange. Mais quand il s’agit de l’expérience artistique à proprement parler - celle de l’artiste - le problème apparaît plus complexe. Le champ économique n’a plus de prise sur le travail de l’artiste qui se retrouve totalement libre de toutes contraintes, même si les conditions sociale, économique et historique ont fait de l’artiste ce qu’il est, ou ce qu’il n’est pas (selon Sartre). Donc on peut affirmer sans trop de risque que l’art contemporain (les artistes) n’a pas trouvé de solution, n’en a pas cherché ; il n’a même pas posé la question de l’aliénation de l’artiste, de la séparation d’avec son produit. L’art n’a pas coupé les liens organiques qui le lient depuis toujours à l’économique. C’est cet état de fait, cette fatalité qui a bloqué le développement de l’art, l’a

 

pétrifié dans un processus productiviste dans un monde « déjà là » sans se soucier si l’art consiste à ratifier cet état de chose ou à le faire exploser. L’art est réactionnaire et restera réactionnaire tant qu’il continuera à participer à la production des objets, à participer à l’aliénation de l’homme par sa propre organisation sociale, politique et économique. Tant que l’art ne se tourne pas vers l’expérience même de l’artiste, non pas comme expérience spirituelle ou mystique, mais comme une expérience fondamentale d’appréhension du monde, de création d’un autre monde pas utopique mais concret et réel. Changer le rapport de passivité et d’inertie, et agir sur les choses pour ne pas les subir. C’est un point de vue parmi d’autres qui ne résout pas le problème de l’artiste dans ce monde-là. Il faut qu’il change et l’artiste en est responsable comme tout un chacun. Il n’est pas plus responsable que quiconque et pas moins de la misère intellectuelle et matérielle du monde où il vit. Si on conserve le mot « art » il faut arriver à lui donner un autre contenu ; l’art ce n’est pas de produire des objets artistiques, du plaisir ou de la jouissance esthétique. Ce n’est pas un moyen d’expression pour délivrer des messages symboliques, ce n’est pas non plus de produire des émotions, ni de représenter le réel, ni un accès à la vérité, à l’être, pas plus un besoin vital biologique. L’art n’est rien de tout ce qu’on en dit depuis deux mille ans, l’art est une action subversive face au monde, un acte de révolte, de refus, d’insoumission, de rupture, de destruction de l’ordre naturel et historique des choses, un acte terroriste, révolutionnaire qui vise le chaos et la schizophrénie totale. L’art est l’émergence du néocortex face au cerveau reptilien. A partir de cette définition, il n’y plus aucune possibilité de compromis, de consensus ou de collaboration de l’artiste avec qui que ce soit.

 

Par saoudsalem
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